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Mon voyage de héros Star Wars

Il est midi à Paris, il pleut, il fait gris, il fait froid. Je rejoins en métro Saint Denis. Mais avant d’atteindre la Cité du Cinéma, il me faut régler quelques problèmes bien terre à terre du Monde ordinaire dans un PMU « à la turque ».

Quelques instants plus tard, munie de mon sabre laser – comprendre mon iPhone – et de mon billet collector – comprendre 8 euros en plus – je suis prête à franchir le seuil de l’exposition Star Wars et démarrer ma quête identitaire.

Pour moi, hors de question de refuser l’appel à l’aventure. Il est temps de découvrir quelles forces m’habitent, même si mon identité numérique laisse penser que j’ai déjà choisi ma voie.

J’accueille donc avec joie le bracelet intelligent que l’on me tend, sortes de mentor omniscient qui me guidera dans le monde extraordinaire de Star Wars.

Première étape du voyage initiatique et  premier dilemme : les origines. Je fais le tour des différentes espèces de la saga :   Sith ? Trop rouge. Wookie ? Trop poilu. Ewoks ? Toujours trop poilu. Gungan ? Trop maladroit. Togruta ? Pourquoi pas, après tout la padawan d’Anakin en fait partie. Alors j’applique mon bracelet sur la case correspondante… Mais quelques instants plus tard je rebadge, et porte mon choix final sur l’espèce humaine. Trop banal ? Pas certain.

Au moment de définir mon bagage héréditaire, je suis plus sûre de moi, même si j’hésite quand même à décrire mes habiletés naturelles comme « musculaires » en tant que fidèle de l’Appart, avant d’opter pour le moins sexy « intellectuelles ». Les choix suivants me posent moins de problème. Je conviens assez facilement venir de la luxuriante planète Naboo. Mais tandis que je compare mon éducation à celle reçue par Luke, je croise sur ma route le Faucon Millénium de Han Solo et le protojet grandeur nature d’Anakin filer à toute vitesse.

Je sens l’épreuve suprême imminente …

A l’approche de la caverne je reçois un texto de maître Yoda : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine … mène à la souffrance. » Je n’ai pas le temps de décrypter que les yeux de Jabba le Hutt  – seuls rescapés du temps – foncent droit sur moi. Me voilà prise au piège de ce dangereux criminel.

Heureusement, j’ai suivi attentivement les enseignements prodigués par l’équipe d’experts scientifiques du centre des sciences de Montréal à travers les 10 vidéos ludo-pédagogiques qui émaillent le parcours. Cela me donne la sagesse de comprendre que je ne souhaite pas me laisser gouverner par cet évènement, et la force d’utiliser les chaines qui me rendent captives pour étrangler mon ravisseur. J’espère cependant que cet incident n’orientera pas trop ma personnalité vers celle d’Anakin-Vader : « névrotisme élevé », « faible amabilité ».  Par chance, je semble plus ouverte à l’expérience et l’extraversion que mon homonyme, et moins control freak, même si, en récompense, on me diagnostique que la force est puissante en moi.

Après avoir exploré les moindres recoins de cette contrée merveilleuse et badé devant les costumes de ma déesse Portman-Amidala, j’appréhende sereinement le chemin du retour. Mais retournement de situation, l’Empereur qui me surveillait du coin de l’œil, m’approche pour me faire une offre : un contrat de travail à durée illimitée contre mon allégeance. Si je suis un instant séduite par le côté obscur de la force, je détecte très vite la proposition indécente. D’un revers de bracelet je lui cloue le bec : « Non mais, je ne suis pas celle que vous croyez … je suis un Jedi! »

Je sens que je viens de vivre une résurrection dont voici l’elixir.

Profil Ana Star Wars Identités

Mon Héros Star Wars, Ana, une Humaine sénatrice de Naboo.

Exposition Star Wars Identités. Du 15 février au 5 octobre 2014, à la Cité du cinéma. Saint-Denis (93). Puis du 9 novembre 2014 au 19 avril 2015 à La Sucrière à Lyon.

Pour en savoir plus sur “Le voyage du héros” voir sur ce même blog l’article qui y est consacré, ainsi que “The hero with a thousand faces” de Christopher Campbell qui a inspiré Georges Lucas pour l’écriture de Star Wars, et “The writer’s journey” de Christopher Vogler.